Entretien avec le sociologue Jean Michel Morin :Une convergence qui tarde à se confirmer

Cet entretien ambitionne, à partir du regard d’un sociologue des organisations de dresser un panorama historique et circonstancié des relations humaines entre recherche en sciences humains et entreprises. Il en ressort que toute les sciences ne sont pas au même degré de défiance vis à vis des structures économiques et que celles-ci, selon leur secteur, ne sollicitent pas avec la même intensité les chercheurs.

Vers des sciences du management impliquées et stylisées ?

La capacité des sciences de management à produire des connaissances améliorant les pratiques managériales est mise en cause. Des « puristes » contestent même leur qualité de « sciences ». Ces débats signifient soit la nécessité d’une épistémologie spécifique (Martinet, 1990), soit l’abandon de certains fondements épistémologiques généraux. L’article qui suit présente deux catégories contemporaines qui montrent la variété des articulations possibles.

Quel échange entre anthropologie du contemporain et entreprises ?

L’anthropologie tente de comprendre la complexité de la réalité globalisée. Cette approche ne peut se faire sans une ethnographie des multiples modalités de travail actuelles et du vécu des travailleurs et des entrepreneurs, ni sans une observation en profondeur des modalités de production et d’échanges de biens et des services dans un flux constant de mutation financière, technologique, d’idées...

Une nouvelle anthropologie pour la vie de l’entreprise

L’homoeconomicus est la seule hypothèse anthropologique dont disposent les sciences humaines. Cette hypothèse est toutefois de peu d’utilité dans le monde de l’entreprise. Le modèle de Maslow, plus étoffé, a le mérite de reposer sur une anthropologie plus réaliste, même si elle demeure toujours peu opératoire pour les managers. Le modèle homo emoticus, d’une anthropologie prenant en compte l’ensemble des motivations humaines, parvient à expliquer la genèse des comportements humains : il offre une grille d’interprétation pour les managers au quotidien. Ce modèle ouvre la voie vers une approche plus féconde.

Ancrages théoriques dans les sables mouvants de la pratique

Les ancrages sur lesquels repose le management depuis quelques décennies devront changer. Il s’agit d’une nécessité inévitable, et d’une responsabilité qui incombe d’abord aux managers ; mais pas seulement. Le monde académique a besoin, lui aussi, de revoir ses méthodes, et d’établir une relation interactive et dialectique qui impose aux deux univers de mieux s’articuler. Réinventer l’entreprise n’est-ce pas réhabiliter la recherche dans une perspective plus militante, moins distante, moins froide ?

Introspection sur le management international

La recherche scientifique en sciences de gestion est censée, en grande partie, servir l'action managériale. Le lien entre cette science et le monde de l'entreprise oblige les chercheurs, indépandamment de leurs postures épistémologique et méthodologique, à réfléchir aux retombèes managériales de leurs recherches. Il s'agit là d'un critère de pertinence, voire de validité, reconnu pratiquement par tous les chercheurs en sciences de gestion. Mais qu'en est-il en réalité? 

Traduire pour mieux agir

 Travailler sur l’innovation sociale renvoie à repenser les pratiques managériales en insistant sur leurs impacts sociaux et sociétaux. Dans cette optique, la recherche-intervention s’intéresse aux acteurs, humains ou non humains, impliqués dans des projets d’innovation sociale, et tente de  proposer un référentiel permettant le rapport de la recherche à la pratique.

Vers un partenariat public-prive dans la recherche

Si l’on se place au Maroc dans une optique  d’économie du savoir et de la connaissance, il est nécessaire de faire le point sur les apports du public et du privé aux efforts de recherche et d’innovation. Et au vu de la déconnexion des travaux avec les réalités socio-économiques, tout plaide pour une recherche partenariale, concertée et productrice de sens.

Entretien avec Cinq questions à amine Louali : Une convergence à construire encore

Comment rapprocher les mondes de l’entreprise et de la recherche au Maroc ? M. Amine Louali propose d’adopter une approche proactive : c’est aux chercheurs de susciter l’intérêt des professionnels. Il faudra ensuite laisser le soin aux managers d’identifier les problématiques sur lesquelles il peut y avoir un intérêt commun, faire l’objet d’actions de recherches ciblées, de périodes d’études ou s’inscrire dans une démarche d’amélioration significative d’une ou deux dimensions opérationnelles, et ce, de manière à voir si les actions décidées et expérimentées portent leurs fruits ou pas, de manière objective, à l’aide d’indicateurs préalablement définis.

Incursion linguistique dans l’entreprise

De langue orale, la darija est passée à l’écrit quotidiennement utilisé par des millions de personnes sur Internet. Le passage s’est déroulé sur des claviers (portables ou ordinateurs) massivement en graphie latine jusqu’à l’apparition des interfaces arabes à partir de 2010. Après le premier apprentissage qui s’est fait par la pratique et le besoin de communiquer, une évolution récente se dessine vers une darija élaborée avec de longs textes. Sera-t-elle la langue du business au Maroc ?

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