Le système économique dominant s’essouffle

La première économie du monde, celle des USA  est surendettée d’une manière durable[i], même si  les statistiques concernant le chômage y sont actuellement réjouissantes. Certains analystes affirment que la moitié du recul du chômage US serait dû à une baisse du nombre de demandeurs d’emploi lesquels ont tout simplement choisi d’abandonner ce statut.

 L’Allemagne une autre économie performante vient d’afficher un taux de chômage en juin2013 de 5,4 %, mais sa recette pour ce résultat envié par ses autres partenaires, ressemble à notre « Promotion nationale », elle repose sur  la création de «petits boulots», avec des rémunérations ne dépassant pas parfois les 400 euros par mois.

Au séminaire gouvernemental récemment  réuni à l'Elysée sur la France de 2025, Jean Pisani-Ferry le commissaire général à la stratégie et à la prospective annonçait en ouverture une  France de 2025 : "plus vieille, plus petite et moins riche" !

En matière d’emploi, le ministre français de l’Economie, Pierre Moscovici, a déclaré au même forum que  le plein-emploi (c’est-à-dire un taux de chômage de 5 % ou moins) ne deviendra  une hypothèse réaliste que dans 12 ans ! Affirmation  pourtant contestée par la plupart des analystes beaucoup moins optimistes !

Du côté des pays émergents ou BRIC[ii] lesquels  représentent plus de 45 % de l’offre de main-d’œuvre dans le monde, contre 19 % pour l’ensemble de la zone de l’OCDE. Les perspectives sont incertaines. L’expansion rapide sur les 20 dernières années, s’est  accompagnée d’une forte progression de l’emploi et un recul des taux de pauvreté ; mais aussi, avec des inégalités de salaires très marquées au Brésil, en  Russie, en Chine et en Inde. L’emploi informel a également eu tendance à se développer dans ces pays ou à garder une grande ampleur. Ce sont  là les effets d’une évolution dite réussie mais  déjà consommée aujourd’hui,  car ces pays  sont arrivés tous, à de nouveaux carrefours.

La Chine quoi qu’en dise  reste un pays pauvre. Près de la moitié de la population vit encore avec moins de deux dollars par jour. Le revenu moyen a augmenté, mais à 1000 dollars par an, si la main-d’œuvre ouvrière est abondante, les cadres hautement qualifiés sont encore en nombre insuffisant et la Chine cherche actuellement à accroître sa réserve de « talents ». Les compétences étrangères, le personnel formé à l’étranger sont recherchés par les firmes locales. L’émergence d’une classe moyenne dans les pays du BRIC correspond paradoxalement aussi à la montée de nouvelles disparités sociales. 

En Russie, selon le ministère du Travail russe « le taux de chômage avait atteint son maximum en février 2009, touchant 9,4% de la population active soit 7,1 millions de personnes. Fin mars 2012, il était déjà retombé à 6,5%, .Et fin mars 2013 selon l’agence de statistiques Rosstat 1,1 million d’individus étaient enregistrés comme chômeurs. Le nombre total de personnes sans emploi en Russie s’élevait à 4,3 millions de personnes, soit 4,8% de la population active. Là encore  le pays  souffre d’un très grave problème de formation surtout au niveau l’encadrement supérieur et  des compétences moyennes.

Le Brésil qui connaît depuis quelques années une forte croissance de son PIB  devra faire face à un ralentissement de sa croissance démographique. Et avec seulement 7% de sa population active à avoir reçu un enseignement supérieur, le Brésil demeure le pays avec l’offre la plus faible de travailleurs hautement qualifiés parmi les pays émergents.

Un constat s’impose à nous : le modèle économique dominant dans notre pays et dans le monde est  qualitativement  limité dans ses performances. Le système demande révision mais qui ose proposer une alternative ?

 


[i] En 2011 la dette de l'État fédéral américain a dépassé les 100 % du produit intérieur brut d'après une estimation du Fonds monétaire international.

[ii] Je n’ai pas évoqué l’Inde dont la situation relève de l’actualité immédiate de ces dernières semaines. la hausse du déficit commercial et l'assèchement des capitaux étrangers ont creusé le déficit de la balance courante, qui a atteint le niveau record de 4,8 % du PIB pour l'année budgétaire 2012-2013. Et comme la croissance est tombée à 5 % en 2012-2013 (contre 6,2 % l'année précédente), les investisseurs étrangers fuient.

 

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